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Projet d’extension de l’unité d’élevage bovin, dit des mille
vaches
Le projet amène quelques commentaires d’ordre techniques. Seront successivement abordés les points
suivants :
-­‐           nature de l’élevage
-­‐             les sous-­‐produits de l’élevage
-­‐           la méthanisation de ces sous-­‐produits
-­‐          le méthaniseur
-­‐            les sous-­‐produits de la méthanisation et leur devenir
-­‐             impact sur les eaux souterraines.
-­‐          le bilan carbone
-­‐              conclusions.
1, Nature de l’élevage.
Il fait référence à des vaches laitières, puis à des veaux à l’engraissement.
Outre les masses corporelles différentes, les productions de déchets  seront variables,
selon les individus concernés. De plus, une race de vache peut être remplacée par une autre, plus
massive, à production laitière accrue. Il faut donc prendre en compte le poids total des bovidés
avec une incertitude.
2, Les sous produits de l’élevage
Sont à la fois solides, liquides et gazeux.
-­‐          solides : fumiers, poussières de pailles et de nourritures
-­‐          liquides : lait,  eaux blanches, eaux vertes, déjections (lisiers) ;
-­‐         gazeuses:   biogaz   (méthane   et   gaz   carbonique)       formés   par   éructation 
 et flatulences  des  animaux.
3, La méthanisation des sous produits.
La méthanisation est un procédé microbien de dégradation anaérobie des composés biodégradables,
avec libération de biogaz ( 50% environ de méthane et de gaz carbonique). Les composés non
biodégradables se polymérisent en acides humiques exploitables sous forme de compost. Les produits
liquides conservent l’azote organique sous forme de sels d’ammonium, volatilisable en NH3, sur des
sols alcalins (craie, loess carbonatés). Les phosphates demeurent solubles à l’état de phosphates
dicalciques ou potassiques. Le potassium non fixé sur les acides humiques va demeurer en solution,
comme le sodium.
Les sulfates sont inexistants, de par leur réduction initiale en hydrogène sulfuré, diminuant la
synthèse bactérienne du biogaz.
Les antibiotiques et leurs métabolites tout autant que d’éventuels stéroïdes anabolisants, ne sont 
pas dégradés,  se retrouvant  intact dans  la  fraction liquide  du digestat.  Il  en  sera  de 
même  pour  les  AOX    mutagène  formés  par  nettoyage  des
bâtiments avec des composés oxygénés chlorés (eau de javel, hypochlorites)
Cette dégradation impose un temps de séjour important dans un digesteur, à pH bien
tamponné entre 7 et 8, à température proche de 35° (phase mésophile) ou 65° (phase
thermophile).

4, Le méthaniseur
N’est proposé que pour optimiser de manière énergétique les sous produits.
Outre les déchets liés à l’élevage, il est prévu d’y adjoindre des boues de station dépuration
d’agro industrie et des déchets verts dont certains peuvent être enrichis en composés soufrés,
source d’hydrogène sulfuré (crucifères).
La notion de boue de STEP est un terme générique flou correspondant à des produits divers et variés
dont le pouvoir méthanogène potentiel peut varier d’un facteur de 1 à 5. Les données sur le
méthaniseur sont peu précises, voir inexistantes.
Travaille t’il en phase mésophile ou thermophile ?
Quel  est  le  mode  d’élimination  de  l’hydrogène  sulfuré ?    A  t’on  pris  en  compte  la
présence possible de siloxanes , source de particules siliceuses corrosives pour une turbine à gaz
brûlant du biogaz. S’ajoute à cela le rejet de particules siliceuses  de faible granulométrie à
fort potentiel d’induction de fibroses pulmonaires (silicose) sur le site. D’autres questions se
posent. La phase liquide des fermenteurs doit être séparé de phase liquide, en sortie de digesteur,
afin de ne pas produire en extérieur du méthane non capté, à puissant effet de serre.
Par ailleurs, les teneurs en azote à apporter par hectares sont limitées. L’augmentation
du nombre de bovins sera source d’augmentation des quantités d’azote  ammoniacal et de potassium à
épandre, imposant une augmentation de la surface d’épandage autorisé. Enfin, les apports en potasse
par hectare sont  fonctions des reliquats existants  dans les sols arables, de façon à ce que les
apports   soient inférieurs ou, au plus, égaux, aux quantités exportés par la culture ultérieure
sur la parcelle épandue. Cela passe par des analyses annuelles de sols des parcelles soumises à
épandages (NK, bases extractibles, P205), selon le protocole imposé aux industries agro
alimentaires pratiquant l’épandage (Cristal  union,  Luzeal,  Tereos…).  Cela  passe  également 
par  la  mise  en  place  de piézomètres permettant le contrôle de la qualité des eaux souterraines
sous les champs d’épandage.
5, Le bilan carbone
La  récupération  du  méthane  est  proposé     comme  un  moyen  de  lute  contre  le
réchauffement climatique.
Cependant, on propose d’augmenter le cheptel avec des jeunes animaux produisant plus de méthane que
des adultes, dans leurs éructations (Moletta, la méthanisation, édition Tecdoc, 2008, pp 24 à 39).
Par ailleurs, on oublie que les fumiers épandus  doivent être enfouis en deux ou trois
jours, afin de permettre leur minéralisation oxydante par les bactéries du sol. Le CO 2 produit
sera piégé localement par les carbonates (loess et craie) avec formation de bicarbonates de calcium
soluble. Les reliquats médicenetux y seont métabolisés, en condition oxique. On occulte également
l’effet gaz de serre dix fois plus élevé pour le méthane que le gaz carbonique.
Enfin, il est important de constater que l’augmentation de consommation de dérivés pétroliers pour
le transport des matières premières, du bétail et des effluents à épandre, n’est pas examinée.
6, Impact sur les eaux souterraines.
De prime abord, on ignore si  il existe ou non un karst sous le site et sous les champs
d’épandages. L’existence de dépôt loessique fins, couplés à la chute du niveau marin (et donc de la
nappe) lors du dernier épisode glaciaire tout autant qu’à des failles actives (
Brigitte Van Vliet Lanoë) proches   militent pour cette hypothèse. L’augmentation des
volumes à épandre demande donc la recherche de nouvelles zones d’épandages, avec contrôle de
l’absence de karst sous ces zones.
De plus, l’augmentation de la taille de l’établissement induit une augmentation des volumes d’AOX
mutagènes, non dégradés, produit lors du nettoyage par des composés chlorés. Ces composés se
retrouvent dans le méthaniseur puis dans les produits liquides
épandus.
7, Pour conclure
Les augmentations proposées de cheptel présentent un impact non négligeable sur l’environnement,
impact occulté :
-­‐          augmentation des émissions de gaz à effet de serre fossile ( carburant) et actuel
(méthane  des  éructations)
-­‐         absence  de  prise  en  compte  des  analyses  de  sol  et  de  la  problématique  de
l’épandage cohérent des effluents ;
-­‐           absence de prise en compte des métabolites médicamenteux.
-­‐         absence   de   prise   en   compte   des      risques   accrus      d’hydrogène  
sulfurés   et siloxanes ;
-­‐          absence  enfin  de  prise  en  compte  de  l’augmentation  des  AOX  et       
produits
médicamenteux   non   dégradés,   susceptibles   de   migrer      rapidement   dans l’aquifère, en
cas de karst.
S’ajoute  à  cela  l’absence  de  données  précises  sur  les  boues  de  STEP  destinées  à
alimenter le méthaniseur.
Fait à Troyes, le 15 novembre 2015
Pierre Benoit