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Dans cette rubrique, vous trouverez quatre argumentaires :

 

*Le premier, rédigé en janvier 2012, s'adresse à toute personne souhaitant être informée, ou ayant à prendre une décision.

*Le second, communiqué en janvier 2012 par le MNLE-ALEP 80, est une étude technique très précise.

* Le troisième, rédigé en septembre 2011, a été présenté dans le cadre de l'enquête publique.

* Le quatrième, rédigé en janvier 2012 (actualisé en mars), se limite aux problèmes d'épandages pour les communes concernées.

 

 et un dépliant (pliage en trois)

intitulé "Les 10 questions qui fâchent" (diffusé en septembre 2013).

 

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Les membres du CA de NOVISSEN                                                                                                                                          Le 28 Janvier 2012                

Association Novissen

385, rue du Levant

80132 Drucat Le Plessiel

 

e-mail :kfoury_m@hotmail.com

 

Mesdames, Messieurs,

 

En tant que membres du conseil d’administration de Novissen, association de bénévoles créée en Novembre 2011 pour s’opposer à la réalisation du projet dit « des mille vaches », nous avons l’honneur de nous adresser à vous au nom du millier d’adhérents qui nourrissent aujourd’hui les plus vives inquiétudes.

 

Nous souhaitons vous informer de la façon la plus objective possible en fonction des éléments actuellement en notre possession. Nous vous disons avec gravité que plus nous explorons le dossier de la SCEA Côte de la justice dont le gérant est M. Ramery, plus nos inquiétudes grandissent vu le gigantisme du projet et ses conséquences à différents niveaux qui seront détaillées plus loin : niveau sanitaire tant pour les animaux que les êtres humains, niveau économique et social, niveau environnemental, niveau sécurité.

 

Le dossier de M. Ramery doit être rejeté pour des raisons de fond que nous souhaitons vous présenter le plus clairement possible, malgré la complexité des problèmes soulevés.

 

En pièces jointes vous trouverez les différents documents indispensables qui établissent les lacunes et les incohérences inacceptables du projet qui vous est soumis.

 

De quoi s’agit-il ?

 

Il s’agit d’un projet de taille industrielle de la SCEA de la côte de la justice, propriété de M.Ramery (entrepreneur de BTP) composé d’une usine à lait de 1000 vaches laitières et 750 génisses associée à un méthaniseur de grande capacité produisant de l’électricité d’une puissance de 1,489MW, le tout sur les communes de Drucat Le Plessiel et Buigny St Maclou dans la Somme, à dix kilomètres de la baie de Somme et tout proche d’un site Natura 2000.

 

La taille et la complexité du projet rendent déjà perplexes. Pendant l’enquête publique quatre énormes classeurs difficiles à étudier et d’apparence très technique ont été soumis à la population locale. Aurait-on voulu « noyer » le projet sous un tas de détails techniques non vérifiables tout en gardant une apparence légale et scientifique que l’on ne s’y serait pas pris autrement.

Nous dénonçons dans le projet nombre d’affirmations non étayées voire gratuites sans indication des sources des informations données.

 

Nous dénonçons la rétention d’informations concernant la garantie d’achat de l’électricité alors que le décret du 2 mars 2011 stipule l’obligation d’exigences techniques et financières pour pouvoir bénéficier de cette dernière. Le promoteur du projet s’arroge le droit de dissimuler des informations essentielles aux yeux de la population locale en indiquant que « deux études financières ont été remises à la préfecture sous pli et condition de confidentialité » (p18 classeur1).

 

Nous demandons avant tout dans ce dossier de la clarté et de la transparence.

 

La commission de l’étude d’impact sur l’environnement a émis beaucoup de réserves en critiquant ces quatre classeurs censés montrer la réalité du projet, notamment sur le plan d’épandage. Voir document annexe 1.

 

Malgré les très nombreuses réactions négatives de la population locale contre le projet de M.Ramery , une réunion publique houleuse dans laquelle il a été clairement dit que l’avis de la population locale ne comptait pas, le vote négatif du conseil municipal de Drucat, le résultat de l’enquête publique a été déposé début novembre 2011 avec la conclusion favorable du commissaire enquêteur. Nous essayons de comprendre…

 

Quels griefs avons nous nous contre ce projet ?

 

 - 1. Sous une apparence scientifique il reste vague sur de nombreux points et il est surtout incomplet ! Aucune trace du bilan carbone de l’ensemble du projet par exemple ! 

 - 2. Il présente des risques très graves pour la santé humaine alors qu’il est très proche des habitations .   Les recommandations actuelles de l’OMS stipulent qu’il faut éviter au maximum l’élevage en massepour diminuer le risque d’épizootie et si un élevage en masse est autorisé

    il faut qu’il soit loin des zones urbaines pour éviter les mutations et leur transmission à l’humain. Le projet de 1750 bovins est à 600m de la première habitation alors que la

    loi  française impose 500m pour un élevage de 200 bovins !

 - 3. Il présente des risques très graves pour l’environnement :

 L’impact visuel est complètement sous estimé alors que nous sommes proches de la Baie de somme et du site Natura 2000 qui ont une vocation touristique évidente.   Les risques concernant l’eausont immenses eu égard à la taille de l’usine, à la quantité importante des déchets produits et à la pollution potentielle du sol.

 Outre les odeurs probables, la production de gaz ammoniaque provoque des irritations respiratoires et participe à la production de pluies acides .

 La production de bioaerosols, particules qui contiennent des organismes vivants est mal évaluée pour le moment et le principe de précaution s’impose.

 Concernant le bruit, le promoteur n’est pas en mesure de donner une estimation des niveaux sonores de son installation de méthanisation. Il ne donne que les chiffres de l'état initial du site déjà très élevés (65db le jour et 59db la nuit). Aucun chiffrage de l'installation n'est donné alors que la loi l'exige.

L’étude est loin d’être complète quant aux conséquences sur la circulation routière: 40000 tonnes de digestat seront épandus après la moisson c'est-à-dire sur une courte période. C’est un nombre impressionnant de véhicules agricoles qui vont devoir s’insérer dans le flot de véhicules déjà important (7200 véhicules / jour) de la D928. Les risques d’accidents vont être accrus, d’autant plus que les épandages vont se faire jusqu’à 20 kms du site de production.

Pensons aussi que plus il y aura de kms parcourus, plus les routes vont se dégrader, ce qui entraînera des frais d’entretien des chaussées élevés pour la collectivité et des dépenses d’énergie accrues. Aucune étude détaillée consultable de l'impact routier n'est proposée dans le dossier.

 

- 4. Ce projet bafoue la condition animale et ne tient pas compte del’évolution de la législation actuelle.

L’argumentation repose sur un rapport de l’EFSA( l’Autorité européenne de sécurité alimentaire) de 2009.

La recherche scientifique indique clairement qu’un accès limité voire inexistant à des enclos extérieurs a un effet néfaste sur la santé et le bien-être des vaches laitières.

 

Le risque de maladies diverses est augmenté : boiterie, mastites, infections bactériennes...    ( paragrapphe 6.8.10)

 

L’accès à des enclos extérieurs est important pour permettre aux vaches d’avoir un développement et un comportement normal, ce qui n’existe pas dans ce type d’usine.

 

L’importance d’un accès à l’extérieur est aussi soulignée par la Recommandation du Conseil de l’Europe concernant le bétail du 21 octobre 1988 qui stipule que l’occasion de sortir doit être donnée aux animaux aussi souvent que possible et en été de préférence chaque jour.

 

Il existe une Convention Européenne pour la protection des animauxgardés pour l’élevage.

 

Selon l’EFSA, la sélection génétique de vaches à haut rendementest le facteur principal des problèmes de santé des vaches laitières. (paragraphe 4.2) notamment concernant la fertilité, les problèmes digestifs, les maladies infectieuses, particulièrement la mastite (4.3)

 

Une production intensive de lait conduit la vache à manger davantage et àpousser son système digestif à ses limites, ce qui compromet sérieusement son besoin au repos et au sommeil.(4.1) Son régime alimentaireest aussi modifié : il faut introduire des céréales dans l’alimentation de la vache pour qu’elle puisse produire davantage. Cela conduit à des problèmes digestifs, une fermentation excessive dans le rumen, provoque des cas de fourbure et augmente les taux d’abattage de troupeaux.

 

Garder les vaches en énormes troupeaux augmente de façon significative les risques de maladie, les maladies contagieuses devenant très difficiles à contrôler même en présence d’un vétérinaire sur place .

 

Les risques concernant la tuberculosesont particulièrement élevés au vu de la taille et des conditions imposées par le projet . Récemment, 225 bovins abattus à Hornoy le Bourg suite à une épidémie de tuberculose bovine.

 

L'Allemagne donnée comme modèle par le promoteur connait actuellement un nouveau scandale sanitaire. Le virus Schmallenberg, qui porte le nom de la ville allemande où il a été détecté pour la première fois en novembre 2011, touche 51 exploitations en Allemagne, principalement dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, selon l'Institut Friedrich-Loeffler.

 

De plus, L’article 13 du Traité de Lisbonne (TFEU 2007) demande aux membres de l’union européenne de prendre en totale considération le bien-être animal dans l’agriculture reconnaissant les animaux comme des êtres sensiblesdont les besoins doivent être respectés

Nous avons donc un doute sérieux sur la légitimité de ces fermes usines où les vaches gardées à l’intérieur pendant de très longues périodes voire dans ce projet en permanence ne peuvent vivre de façon normale.

 

- 5. Ce projet détourne l’esprit de la loi en ce qui concerne le méthaniseur

 

L’esprit de la loi et du décret du 16/02/2011 entend répondre à la difficulté rencontrée par les éleveurs pour diversifier leurs ressources.

 

La loi autorise donc de classer un méthaniseur comme exploitation agricole avec des avantages au niveau fiscal, au niveau du prix de vente du KW et des subventions.

 

En 2011, 82 demandes d’exploitation ont été déposées pour 10 MW au total, soit une moyenne de 0,12 MW par méthaniseur. (Ministère de l'Agriculture)

 

Le projet de M.Ramery est hors norme puisqu’il annonce une puissance bien supérieure de 1,5MW soit près de treize fois plus! Il ne s’agit plus d’un complément de revenu mais de profiter des avantages offerts par la loi pour monter une opération financière plus que rentable dans la recherche d’un profit maximum.

 

Concernant le risque sanitairedu méthaniseur pesant sur la population locale, aucune étude n’a été effectuée ni en France ni en Europe (source INERIS) pour la simple raison que ce projet est inédit. Les entrants seront du lisier, des boues de station d’épuration urbaines, des déchets alimentaires et des déchets organiques. En l’absence d’étude le promoteur déclare un risque toxique et cancérigène acceptable ! Sur quelles bases ? Nul ne sait.

 

Notons qu’en Espagne la loi impose pour un méthaniseur de plus de 1 MW une distance minimum de 2 kms avec la première habitation. Le méthaniseur de M.Ramery n’est qu’à 600m !

 

Là encore le principe de précaution s’impose !

 

En conclusion, vous comprendrez, Mesdames et Messieurs, pourquoi notre association rencontre un tel succès auprès de la population locale avec plus de 1000 adhérents en deux mois et pourquoi la mobilisation est de plus en plus importante au fur et à mesure que l’information sur ce projet démesuré est diffusée.

Nous espérons avant tout avoir éveillé votre intérêt pour notre cause que nous croyons juste parce que les conséquences seront graves :

 

       - Perte d’emplois et désertification des campagnes

 

       - Risques sanitaires graves pour les animaux et les êtres humains

 

       - Risques d’accidents routiers accrus

 

       - Sécurité alimentaire fragilisée

 

Le projet de M.Ramery est pour nous un projet complètement dépassé. L’appuyer d’une façon ou d’une autre, c’est amener l’élevage dans un chemin sans issue. Il s’agit

d’une fuite en avant sans avenir dans laquelle tous, producteurs et consommateurs , avons beaucoup à perdre ! Le conseil régional de Picardie l’a bien compris qui prône une politique agricole diamétralement opposée à celle qui sous tend le projet d’un promoteur qui a le droit certes d’entreprendre mais pas n’importe où, pas n’importe comment et pas à n’importe quel prix. L’argent, nous le constatons chaque jour, n’est pas la solution à tout. Nous comptons sur vous pour bâtir un avenir plus respectueux de la nature et des hommes.

 

Le CA de Novissen

 

Pièces jointes :

   Avis de l'autorité environnementale sur l’étude d’impact et l’étude de dangers

   DDAE du projet global-résumé non technique

   Rapport et conclusions de l’enquête publique

   Recours déposé contre le résultat de l’enquête publique

   Rapport de l'Alep

 

       Ces différentes pièces sont consultables sur le site de Novissen : www.novissen.com

 

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 Rapport de l' ALEP (MNLE - ALEP)

 

MNLE : Mouvement National de Lutte pour l’Environnement

ALEP : Association de Lutte pour l'Environnement en Picardie

Réseau Homme&Nature

 

A propos du projet des « 1000 vaches »

Le projet est multiple

  • un élevage qui concentre des exploitations existantes mais la capacité dépasse les apports des sociétaires. Il y a donc un excédent important.
  • Une installation de méthanisation des effluents d’élevage et traitement de déchets organiques de provenances diverses,  y compris de déchets ménagers  et de boues urbaines, mais

                   l’équipement ne figure pas au plan départemental .

 

  Les deux équipements sont portés par des entités différentes. La SCL Lait Pis Carde est apparemment locataire de RAMERY SA et RAMERY Environnement dans des conditions non définies.

 « L’exploitant du site (SCEA de la Cote de la Justice ou SCL Lait Pis Carde) versera une location au propriétaire des installations en fonction des volumes produits ou en fonction d’une règle

 à définir » (page 17 classeur 1).

 

Il est impossible de savoir si le projet fait appel à la garantie d’achat de l’électricté. Il est fort probable que oui sinon l’équilibre financier ne saurait atteint. A ce sujet le lecteur de l’étude

d’impact restera sur sa faim puisque « les  deux études financières ont été remises à la préfecture sous pli et condition de confidentialité » (page 18 classeur 1). Pourtant le décret du 2 mars

 2011 stipule l’obligation d’exigences techniques et financières à satisfaire pour pouvoir bénéficier de l’obligation d’achat. « Ces exigences peuvent notamment inclure la fourniture

 de documents attestant de la faisabilité économique du projet, la fourniture d’éléments attestant de l’impact environnemental du projet ainsi que le respect de critères techniques ou

architecturaux de réalisation du projet ».

 

 

Justification socio- économique

 

Les auteurs du projet plaident en faveur d’une concentration de l’élevage qui seule permettrait de faire face aux enjeux de la profession.   C’est d’une part la fin de la polyculture « quand

 la part du chiffre d’affaires en production laitière est voisine de 40% dans une exploitation agricole, la remise en cause de l’élevage est à l’ordre du jour » (page 13 classeur 1). « De fait

 toutes les études convergent pour affirmer qu’en 2020, 600 exploitations laitières auront cessé leur activité dans le département de la Somme. »

La solution résiderait donc dans une fuite en avant de la productivité du travail. « La seule issue raisonnable, c’est la productivité du travail avec 300 000 litres de lait voire400 000 litres

 par Unité de Travail Humain comme en Hollande ou en Allemagne ». C’est un doublement de la productivité qui va donc faire disparaître au moins la moitié de la main d’œuvre.

«  Le maintien de la production laitière dans nos régions dépendra essentiellement de la compétitivité de nos élevages dans l’hypothèse de l’abandon des quotas en 2015 qui pourrait

conduire inexorablement à une volativité des prix du lait et des écarts de prix croissants entre producteurs  » (page 13 classeur 1)

Et la conclusion s’impose : « la production laitière issue traditionnellement de l’exploitation familiale doit impérativement prendre en compte les nouvelles données liées à la globalisation

pour envisager de continuer d’exister dans la durée »  (page 13 classeur1)

 L’impact socio –économique peut être apprécié  deux manières : interne dont les silences et l’incohérence viennent  d’être démontrés et dont l’analyse sera poursuivie, externe car la voie esquissée

 par les promoteurs du projet n’est pas la seule possible. D’autres hypothèses ne sont pas débattues. L’intensification du travail apparaît comme la seule issue salvatrice.   L’évolution vers

 des pratiques agricoles écologiquement intensives, biologiques et/ou  intégrées, est une de plus en plus souhaitée, non seulement par la société, mais par les agriculteurs eux-mêmes. La profession

est certes divisée sur ces sujets. Mais la voie proposée par  les promoteurs du projet est loin de faire l’unanimité.

 

Justification environnementale

L’intensification du travail exige une concentration de moyens qui ne manquerait pas de produire des effets insoutenables. Dès lors le renfort de la méthanisation est indispensable. La manière dont cette

 technique est mobilisée pose problème. Elle place l’élevage sous la domination de capitaux dont la rentabilité ne peut pas être assurée sans le concours d’une réglementation publique. Elle porte sur le

 rachat de l’énergie électrique. Deux décrets en fixe les conditions : 10 mai 2001 modifié par celui du 21 mai 2011 et un arrêté du 19 mai 2011 corrigé le 28 mai.

 Or le dossier des promoteurs du projet des «1000 vaches » ne permet pas de juger de la bonne application de ces textes. Le point le plus essentiel porte sur l’utilisation de la chaleur récupérable sur les moteurs

. En effet le tarif de rachat de l’électricité est d’autant plus élevé que la performance énergétique globale calculée sur la production électrique et sur l’utilisation de la chaleur, est plus grande.

Ce surcoût est payé par le consommateur d’électricité qui voit sur sa facture une contribution au service public de l’électricité (CSPE). On est donc loin d’un projet où le risque est porté par le détenteur

de capital. C’est en fait l’ensemble des consommateurs qui porte de fait le projet.

La réglementation met donc des conditions dont une au moins n’est absolument pas respectée : la transparence économique  du projet (décret du 21 mai 2011). L’envoi d’informations au préfet

sous plis confidentiels ne répond pas aux exigences réglementaires.  L’autre condition porte sur l’utilisation de la chaleur.

Le projet (classeur 3 page 34) indique les utilisations suivantes :

  • alimentation des digesteurs
  • séchage d’une partie du digestat

Ce sont des autoconsommations donc exclues du calcul tarifaire. Il faut donc constater qu’il n’y a aucune utilisation de la chaleur qui puisse contribuer à mieux satisfaire l’intérêt général en fournissant

 de l’énergie renouvelable à une activité extérieure au projet. Malgré tout le tarif de rachat de l’électricité serait de 11,5€ le MWh. Il est impossible de vérifier cette valeur, le dossier étant muet.

La valeur de 11,5 € est malgré tout élevée et redevable d’une prise en charge par la CSPE. Il faut donc pousser l’analyse de la légitimité du portage public au titre de la lutte contre le changement climatique.

 

Les émissions de gaz à effet de serre

Le dossier  se contente de généralités. Un tableau page 11 classeur 1, décline des actions sur l’élevage proprement dit et fait état d’une réduction de 20 à 30% des émissions. Le classeur 3, page 86 donne

une évaluation sur l’unité de méthanisation.

                                                                                          

Pour l’atelier d’élevage, aucune des mesures données dans le tableau précédent ne dépend spécifiquement d’un effet lié à la concentration des exploitations. Elles peuvent être mises en œuvre dans

 la polyculture et sans doute plus facilement, notamment pour la dernière qui semble la plus efficace. Elle est d’ailleurs  liée au développement d’agricultures écologiquement intensives.

Le dossier attire donc indirectement l’attention sur le fait que, s’agissant de l’élevage stricto sensu, indépendamment des problématiques liées aux effluents, les émissions sont directement liées à

 la production de l’alimentation. Les promoteurs indiquent ne pas connaître le plan climat du département. Or le bilan carbone est connu depuis longtemps

                                                                                                                              

Source : Conseil Général de la Somme

Il est clair que la contribution de l’élevage et de l’agriculture doit être diminuée puisqu’ensemble, elles constituent la première cause d’émissions.  L’observatoire régional de Picardie donne des

 indications précieuses résumées dans le schéma suivant. Ce sont les pratiques culturales et notamment l’utilisation des engrais nitratés qui en sont la cause. En moyenne il faut une tonne équivalent

 pétrole pour fabriquer une tonne d’engrais. Si ajoutent les émissions de protoxyde d’azote résultant de l’utilisation de ces engrais, beaucoup efficaces en termes d’émissions. Les émissions des pets

 des vaches sont en quelques sortes fatales, donc l’action doit porter essentiellement sur les pratiques agricoles et l’insertion de l’élevage dans une polyculture.

Les informations du schéma suivant donnent  les émissions directes. La part de l’alimentation consommée par l’élevage est imputée à la production d’aliment, ce qui n’est pas le cas du graphique

 du Conseil Général. La synthèse des deux graphiques indique donc clairement que la concentration des élevages ne permet en rien de diminuer les émissions si l’alimentation reste la même. Ce qui est le cas.

Au contraire la concentration  crée une rupture avec la proximité. La part des aliments qui pourraient être produits dans les environs immédiats ne peut que diminuer. La surface nécessaire, à raison

 de deux têtes par hectare, est supérieure à 3500 hectares. L’empreinte de ce type d’élevage est de l’ordre de 35 km2. Certes tous les aliments ne proviennent pas des alentours. Mais ces chiffres

 donnent une idée des distances. Contrairement à ce qui est affirmé par les promoteurs, la tendance est à l’augmentation des émissions.                    

 

                                                                                                

Les causes des émissions de l’agriculture – élevage   en Picardie

Source observatoire régional 

 

La méthanisation des effluents apparaît comme un remède miracle à la concentration des élevages parce qu’elle permettrait de soulager l’impact de proximité, notamment celui des odeurs.

Restons prudent puisque le dossier fait apparaître le stockage du fumier sur une semaine. Mais cerise sur le gâteau, la méthanisation des effluents serait un moyen de créer des énergies renouvelables.

Le promoteur avance l’utilisation d’un logiciel spécialisé de l’ADEME pour le calcul des émissions liées à la méthanisation des effluents. Cette référence est utilisée comme un argument d’autorité car

 le dossier ne permet pas de comprendre comment le promoteur arrive à une valeur de 1805 tonnes équivalent CO2 économisées (classeur 3 page 84). Economisée par rapport à quoi ? La

situation de référence est-elle  composée par  des unités d’élevage dispersées ? Les arguments du promoteur sont les suivants :  

- le traitement évite l’émission d’importantes quantités de méthane : il existe de systèmes de compostage à la ferme qui évitent les émissions de méthane. Le méthane est formé en anaérobiose. Le

 compostage fonctionne en aérobiose. La méthanisation n’apporte pas d’avantage sur ce point.     

- le transport des effluents est plus simple. Certes oui en amont mais l’’épandage des jus dans un rayon de plus de 13 km est plus dispendieux.

- les fertilisants contenus dans le digestat épandu évitent la fabrication d’engrais à partir des  énergies fossiles. Il n’y a aucun gain par rapport à l’utilisation directe des fumiers et lisiers ou des effluents  compostés.  

- production d’énergie primaire. Vrai pour l’électricité, faux pour la chaleur comme on l’a vu précédemment. La chaleur récupérée est autoconsommée.   

Nous avons reconstitué à partir des données éparses du dossier, le bilan carbone de la méthanisation des effluents d’élevage proprement dit et les gains en émissions liés à la production d’électricité.

- capacité de l’usine : 133 t par jour dont 93,7 d’effluents et de refus d’alimentation

- production totale de biogaz : 4 896 000 m3 par an soit

- rendement  du moteur : 30% (page 38 classeur 3)

- production électrique annuelle due aux effluents et refus d’alimentation : 10270 MWh électrique. Il faudrait déduire l’autoconsommation de l’unité : pompes, centrifugeur, évaporateur, compresseurs… 1Aucune indication n’est produite dans le dossier.  

- émissions évitées de gaz carbonique par la production brute d’électricité : 821 tonnes (moyenne nationale de 80kg par MWh). Quid de la production nette ?

 - coût approximatif de la tonne de CO2 économisée : 40 € de surcoût au MWh (115€ de recettes contre un coût moyen national de production de 75€),  soit 500€ par tonne de CO2 évitée

(sur la base de la production brute. Donc en fait la coût est plus élevé.  Pour information le marché du carbone est à 17€.

Cette économie d’émissions n’est pas un gain net car il faudrait tenir compte des émissions liées à la production de l’alimentation. Au total ce type d’élevage basé sur l’utilisation d’une alimentation

 fournie par une agriculture productiviste, est émetteur de gaz à effet de serre. Le dossier du promoteur se contente de surfer sur les chiffres.      

 

Conclusion

La méthanisation des effluents d’élevage peut être une technique intéressante mais elle est, dans le cas précis, très mal positionnée car la cogénération n’apporte rien.  Elle ne peut en rien justifier

 la concentration des élevages en un point où la valorisation de la chaleur n’a pas de débouchés.  

Pour être efficace et légitime, la méthanisation devrait être mobilisée pour valoriser des effluents d’élevages inclus dans des systèmes de polyculture où la nourriture du bétail proviendrait

essentiellement de la proximité et de pratiques agricoles écologiquement intensives. L’unité serait alors située en un point situé soit sur un réseau de transport du gaz dans lequel la production

 serait injectée après appropriation (voir paragraphe suivant), soit que la localisation permette la mobilisation de la chaleur récupérable sur les moteurs autrement que pour une autoconsommation.

 

Impact sanitaire

Les effluents gazeux de la combustion

Le dossier fait référence à la circulaire du 10 décembre 2003 pour les émissions des effluents gazeux. Une nouvelle circulaire a été publiée le 8 décembre 2011 applicable aux installations non déclarées

au 1 janvier 2012. Ce qui est le cas.

Le dossier déposé ne répond pas aux dispositions de ces deux circulaires. La plus récente est beaucoup plus sévère. Le tableau 1 suivant donne les valeurs d’émissions. Le tableau 2 donne les

différences entre les deux circulaires.

Mais pire le dossier déposé ne décrit pas les mesures prises pour le traitement des effluents et joue même sur l’interprétation de la puissance. On peut en effet lire page 85 du classeur 3 :

« l’impact des installations de combustion sera faible compte tenu de leur faible puissance thermique. Le site répondra aux exigences des meilleures techniques disponibles ». Comment ? Le

 lecteur cherche en vain. Or la puissance thermique installée, de l’ordre de 5 MW, n’est pas faible mais force est de constater qu’aucun dispositif de traitement des fumées n’est décrit dans le dossier

 (pages 39 et suivantes, pages 76 et suivantes ; classeur 3). Seul un traitement de l’air des bâtiments est succinctement   décrit.       

                                                                            

Tableau 1 : les données de la circulaire du 8 décembre 2011

Les données qui s’appliquent au cas étudié sont celles de la colonne « moteurs ».

 

Valeurs anciennes

Valeurs nouvelles

poussières

150

10

Monoxyde de carbone

1200

1200

Oxydes de soufre

300

100

Oxydes d’azote

525

150

Acide chlorhydrique

50

10

Composés du fluor

 

5

COV

50

50

formaldéhyde

 

40

ammoniaque

 

20

 

Tableau 2 : évolutions des valeurs réglementaires

Les impacts sanitaires ont été calculés à partir des valeurs réglementaires comme si elles étaient naturellement acquises. Les traitements de fumées permettent de les atteindre. Ils ont un

coût de fonctionnement et de fonctionnement. Il n’est pas possible de savoir s’ils sont bien pris en compte puisque les informations sont réservées à la curiosité du préfet.

 Sur la convention d’AARHUS

La France est signataire de cette convention  qui définit les droits d’accès aux informations. L’article 3 alinéa b)  définit l’information de la manière suivante : « L'expression "information(s) sur

l'environnement" désigne toute information disponible sous forme écrite, visuelle, orale ou électronique ou sous toute autre forme matérielle, et portant sur des facteurs tels que les

 substances, l'énergie, le bruit et les rayonnements et des activités ou mesures, y compris des mesures administratives, des accords relatifs à l'environnement, des politiques, lois, plans et

programmes qui ont, ou risquent d'avoir, des incidences sur les éléments de l'environnement relevant de l'alinéa a) ci-dessus et l'analyse coût-avantages et les autres analyses et hypothèses

 économiques utilisées dans le processus décisionnel en matière d'environnement »

L’alinéa a) mentionné est ainsi rédigé : « L'état d'éléments de l'environnement tels que l'air et l'atmosphère, l'eau, le sol, les terres, le paysage et les sites naturels, la diversité biologique et ses

composantes, y compris les organismes génétiquement modifiés, et l'interaction entre ces éléments; »

On voit donc mal comment le promoteur du projet s’est arrogé le droit de dissimuler des informations essentielles aux yeux de la population et comment le représentant de la légalité républicaine a

accepté cette procédure.

 

Conclusions générales

 

Ce projet doit être rejeté pour des raisons de fond car il amène l’élevage dans des chemins contraires à ceux qu’il faudrait suivre. Il répond mal à des problèmes réels. La société, dans toutes

ses composantes, agriculteurs et consommateurs,  n’a rien à gagner mais beaucoup à perdre. La fuite en avant dans l’intensification du travail ne peut que produire des incohérences, des aberrations

sociales, économiques et environnementales.

Pour tenter d’effacer des conséquences de l’impact de proximité dû à la concentration d’élevages, le projet recours à la technique de la méthanisation de manière caricaturale et incohérente. Le recours

à un financement public par l’intermédiaire du tarif de rachat de l’électricité ne peut pas être justifié par l’intérêt général. Il s’agit au contraire de capter une rente.

Il reste toutefois bien des interrogations sur la faisabilité économique du projet. Les informations sont dissimulées. De manière générale le dossier du promoteur ne répond pas ou mal aux exigences

réglementaires tout en produisant un flot de détails.  

                                                                                                                             MNLE - ALEP 80 janvier 2012

 

 

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L'argumentaire ci-dessous tente de faire la synthèse des raisons

 

 pour lesquelles une grande majorité de la population

 

exprime son refus face au projet présenté par la SCEA "Côte de la Justice".

 

 

 Cet argumentaire a été remis à Monsieur Jacques DUCROCQ, Commissaire-enquêteur, le 7 octobre 2011,

en la Mairie de Drucat-Le Plessiel,

accompagné des 639 signatures recueillies à cette date,

dans le cadre de l'enquête publique qui s'est déroulée du du 22 août au 7 octobre 2011.

 

Cet argumentaire a été remis aussi à Monsieur GAURET, Maire de Drucat-Le Plessiel, le 17 octobre 2011,

 accompagné des 520 signatures recueillies à cette date, uniquement auprès des habitant de Drucat-Le Plessiel,

 en vue d'être annexé au vote du Conseil Municipal du 18 octobre 2011.

Le résultat de ce vote a été de 11 voix CONTRE, 2 abstentions, et 1 voix POUR le projet en question.

 

N.B. A la date du 17 octobre, les 639 signatures du 7 octobre étaient devenues 984 (520 +464).

520 signatures pour Drucat-Le Plessiel représentent 70 % des personnes inscrites sur les listes électorales.

 

A la date du 21 novembre, 197 personnes de Buigny-St-Maclou ont à leur tour signé la pétition de protestation,

portant le nombre total de signataires à 1181 (984+197).

 

 Dans cet argumentaire, les mots en italiques sont extraits : 

-  soit de l’avis de l’autorité environnementale (Préfet de la région Picardie)

- soit du résumé non technique - classeur n°1

que vous trouverez sur le site, rubrique "Textes officiels".

 

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Pour les principaux motifs suivants :

 

      -         nuisances sonores évidemment augmentées (par le va-et-vient des camions, le fonctionnement interne...),  mais affirmées comme « négligeables ». Aucun seuil-limite de décibels n’est indiqué, au-delà duquel il y

            aurait des sanctions à l’égard de l’exploitant, ce qui laisse impunément place à tous les abus possibles.

 

-         augmentation des risques d’accidents de la route sur la D928 dont le trafic est déjà dense (7.300 véhicules/jour). Selon le projet, le trafic sera augmenté dans la fourchette de 0,4 à 4,9 % (« pic pourl’ensilage »), donc jusqu’à 360 véhicules de plus par jour. Mais sous l’apparente précision, c’est le flou total ! Ces chiffres n’ont aucune signification, faute de tenir compte de la « montée en puissance du site ». S’ils concernent la première année avec peu de vaches et pas encore de méthaniseur,  qu’en sera-t-il ensuite avec 1.750 bêtes et un méthaniseur à plein régime? De plus, qu’en sera-t-il pendant la période d’installation? Il est écrit que « les travaux ne perturberont pas la circulation locale car ceux-ci iront directement sur le site ». Les matériaux ne seront donc pas acheminés par la route ? En fait, c’est un nombre indéterminé de camions lourds et d’engins lents et salissants qui se mêleront au trafic actuel, sans souci pour la sécurité et le coût : coût humain et matériel des collisions, risques liés à la voie souillée par la boue ou autre, réfection du goudron plus fréquente... Ce n’est pas la SCEA qui subira et paiera tout cela, ce sont les contribuables.

 

-         qualité de l’air détériorée par nuisances olfactives, souvent liées à une pollution chimique et/ou bactérienne (gaz d’échappement des camions, déchargement des divers déchets avant leur traitement, plate-forme de stockage provisoire des déjections fumières et des cadavres d’animaux, épandages, méthaniseur qui ne sera pas immédiatement opérationnel). Le projet affirme qu’« une modélisation a démontré un faible impact » sur l’air ambiant. Cela  ne signifie rien ! Si aucune pénalité n’est prévue en cas de dépassement de normes bien définies à l’avance, la Société d’exploitation trouvera toujours que l’impact est « faible ». La population n’aura qu’à respirer cet air vicié, et subir malaises et maladies. Peut-on admettre que, pour servir quelques intérêts privés, soit permise l’insalubrité publique ?

 

-         mépris inadmissible pour la santé humaine. Que penser du cynisme qui consiste à prendre l’atmosphère pour poubelle ? A longueur d’année, « la hauteur des cheminées (12,6m et 9m) garantira une bonne dispersion des polluants dans l’atmosphère ». Si chaque entreprise se donne le droit d’en faire autant, et disperse ses polluants… qui retombent bien entendu avec les pluies…. Que penser aussi du cynisme qui consiste à déclarer que les rejets du méthaniseur (« méthane, hydrogène sulfuré, monoxyde de carbone, composés organiques volatils » etc…), sont « acceptables en terme toxique et cancérigène ». Au nom de quoi ce risque, expressément reconnu, est-il minimisé et rendu « acceptable » ? « Acceptable » pour les victimes ?

 

-         risque fortement accru par la concentration, de maladies transmissibles entre bêtes, et des bêtes aux humains, aux effets encore inconnus, donc difficilement gérables. L’ONU et son agence la FAO rappellent régulièrement le péril (voir communiqué de la FAO du 17 septembre 2007). Plusieurs panzooties nous ont montré que la concentration animale accélère la mutation incontrôlable des virus. Et le projet s’obstine dans cette voie ?

 

-         sous-évaluation alarmante dans les mesures de combat d’un sinistre. Il est mentionné la « nécessité de revoir le volume du bassin » de stockage des eaux polluées en cas de sinistre. Le site, curieusement déclaré « peu sensible au risque de foudre », n’aura de « protection spécifique » que pour l’unité de méthanisation. Or c’est plusieurs systèmes de secours qui sont indispensables sur l’ensemble du site : un  système de ventilation qui disjoncte, et c’est la catastrophe. Ces sous-évaluations font surgir bien des doutes concernant les mesures préventives. La conception de l’ouvrage a-t-elle aussi été prévue à moindre frais face au danger, tout à fait réel, d’explosion du    méthaniseur ?  "Rappeler lesconsignes de sécurité avec des panneaux d’interdiction de fumer » laisse entendre la vulnérabilité du site.

 

-         absurdité d’affirmer qu’en cas de sinistre, « aucun scenario n’a d’effet en dehors du site » : les fumées, éventuellement toxiques (explosion du méthaniseur), aussi sages qu’un certain nuage, ne seront donc

      pas dispersées par le vent ? Cette absence d’effet est justifiée par « l’éloignement » des habitations, qui, rappelons-le, se mesure en mètres (600 m) !

 

-         danger de la proximité de l’aérodrome (les aviateurs étant un risque pour les bâtiments, et réciproquement) avec mesure préventive (« éclairage spécifique pour l’étable ») totalement inadaptée à la réalité d’un

      accident par panne-moteur. Alors que chaque bâtiment présente un danger (étable, stockage du fourrage, unité de méthanisation), il n’est même pas prévu une protection renforcée des toitures, capables de résister

      au crash d’un avion.

 

-         insuffisance de l’assurance prise par l’exploitant pour prendre en charge et indemniser les personnes lésées par un sinistre sanitaire ou technique (quelle est cette assurance ? quels risques couvre-t-elle?). Ce qui est obligatoire pour les particuliers doit l’être pour les entreprises. Comment admettre, par exemple, qu’en cas d’abattage massif pour cause d’épidémie, l’indemnisation soit supportée par la collectivité, alors que l’exploitant a créé les conditions de cette épidémie ?

 

-         énormité des surfaces affectées par les épandages de boues résiduelles (2.700 ha au total, dont 1.200 ha actuellement retenus concernent déjà 24 communes).

 

-         caractéristiques inacceptables pour certaines parcelles d’épandages retenues : « en zone inondables », ou « vulnérables aux nitrates », ou « en bordure de sites » tels que Natura 2000ou les ZNIEFF , ou « en zones humides risquant l’eutrophisation », ou « dans le lit majeur de la Somme ». Ces parcelles figurent pourtant, malgré leurs caractéristiques, dans le nombre des hectares retenus. « L’avis d’un hydrogéologue agréé » était indispensable, et cela n’a pas été fait.

 

-         totale imprécision quant à la situation des 1.500 hectares manquants  pour les épandages. Quelles communes, en plus des 24 nommées dans le projet, seront touchées ? C’est la porte ouverte à bien des laxismes quand se présentera l’urgence de devoir se débarrasser des déchets.

 

-         lacune importante concernant le traitement des déchets, notamment les lisierspendant la période « transitoire de 5-6 ans » où le méthaniseur ne sera pas opérationnel. Quelle décision sera prise si les cuves de stockage prévues s’avèrent insuffisantes ?

 

-         danger d’infiltrations diverses pour les nappes phréatiques, donc danger alarmant pour la consommation humaine. La couche de craie (prétendument « protégée par une couche argileuse »), est « la seule ressource en eau potable de la région » et « le site est dans le bassin d’alimentation d’un captage prioritaire ». Peut-on accepter de prendre des risques pareils ? Par ailleurs, les épandages seront faits « après les moissons d’été », à une période où le sol est nu. « Il y a, en automne-hiver, un risque (évident) de lessivage vers les nappes souterraines ». Le projet affirme que « l’enfouissement annulera le ruissellement », mais certainement pas les infiltrations ! Peut-on prendre au sérieux une étude comportant des affirmations aussi approximatives ?

 

-         gaspillage inadmissible d’eau par augmentation de la consommation (40.000m3/an) et assèchement local (dit « rabattement de nappe ») dû aux forages rendus nécessaires par la concentration de l’activité. Ces 40.000 m3/an correspondent à peine à l’eau de boisson (115 litres par jour environ pour une  vache laitière). Où prendra-t-on l’eau pour les divers nettoyages ? La population locale devra-t-elle importer de l’eau (à quel prix ?) pour boire et se laver ?

 

-         dangers reconnus sur la santé humaine des pesticides, insecticides, engrais et autres intrants nécessaires pour créer en amont la nourriture de ces bêtes. Seules, les industries pétrochimiques y trouvent leur intérêt.

 

-         danger sur la santé humaine du lait (et de la viande de réforme) produits avec recours indispensables aux antibiotiques.  L’antibiorésistance commence à faire des milliers de victimes. Il y a mauvaise foi et insupportable tentative de tromperie quand on veut faire croire que ces produits seront minimes dans un élevage regroupant 1.750 bêtes.

 

-         absurdité de proposer sur le marché un lait industriel  alors que la tendance des consommateurs, pour des raisons évidentes de santé, est de se tourner vers des produits plus naturels.La SCEA est-elle prête à utiliser la liste complète des  produits administrés aux bêtes comme argument de vente auprès du public ? Pense-telle sérieusement soutenir la comparaison avec le lait « bio » ? Le magasin Hyper U aurait-il distribué fin septembre 2011 un livret de 32 pages intitulé « Le Bio à prix éco » s’il ne voyait pas la tendance grandissante?

 

-         imprécision sur le devenir des pâtures laissées à l’abandon par le regroupement des bêtes, et complète absurdité d’abandonner cette herbe pour devoir nourrir artificiellement les vaches.

 

-         non-respect du bien-être animal par des conditions de vie non-conformes aux besoins physiologiques naturels, ce qui est totalement en contradiction avec l’article L 214-1 du Code Rural. Sachant qu’au 01/01/2012, Bruxelles interdira l'élevage des volailles en batterie, peut-on admettre que le relais soit pris par les vaches laitières ? La SCEA tente d’imposer, avant que la législation ne l’interdise, et sous couvert de robotisation impeccable, un mode d’élevage concentrationnaire, visant la productivité maximale, dont la nocivité pour l’animal n’est plus à démontrer.

 

-         gravité des imprécisions qui demeurent sur la « composition exacte du digestat issu du méthaniseur », et ses effets sur le sol et le sous-sol, en l’état « actuel des connaissances ». En attendant l’avancée (hypothétique) des connaissances, il y aura simplement des « analyses régulièresavant épandage » pour en « connaître la composition ». Donc, malgré nos connaissances reconnues comme notoirement insuffisantes concernant leur innocuité, les boues résiduelles seront épandues, au mépris complet du principe de précaution. Les effets mortels des algues vertes de Bretagne ne nous ont pas servi de leçon suffisante ?

 

-         lacune inquiétante quant à l’encadrement de l’alimentation apportée aux bêtes (farines pour une nouvelle « vache folle »? OGM dont le public ne veut pas ?...) : ces lacunes permettent toutes les dérives.

 

-         imprécision sur l’utilisation qui sera faite des vaches une fois terminée la production laitière. On peut supposer des steacks hachés de basse qualité pour les cantines. Il est ridicule de vouloir nous convaincre que la viande de réforme est délicieuse !

 

      -    non-sens complet d’un projet non-rentable économiquement en dehors des années 6 et 7 de son  existence : l’investissement global est estimé à 12 millions d’euros, soit 12.000 €/vache. 

           Il connaîtra 5 années de non-rentabilité, puis, après les années 6 et 7, il sera de nouveau à la baisse. 

 

-         risque hautement probable de voir ce projet non-rentable se transformer en un autre, non défini à l’heure actuelle, donc sans aucune garantie d’encadrement correct. La SCEA envisage déjà la collecte de déchets dans un rayon de 110 km autour du site (…Rouen, Calais, Lille, Compiègne…). D’autres déchets, potentiellement dangereux, émanant de « collectivités » (hôpitaux ?...) pourront donc à l’avenir, au  gré de législations variables, être autorisés dans cette unité de méthanisation, et les quantités traitées devenir bien plus importantes que prévues initialement. Cette « montée en puissance du site » prévue sur plusieurs années laisse entendre que le projet, d’abord à vocation agricole et soumis à la réglementation agricole, va devenir subrepticement industriel, en échappant à la  réglementation spécifiquement  industrielle. La population, elle, sera mise devant le fait accompli. Oui, il y a  nécessité de traiter les ordures, mais que ce soit fait dans le cadre d’un contrat sérieux, avec rigueur et loyauté, en vue du bien-être collectif.

 

     -      inadaptation complète du lieu choisi : comment peut-on affirmer que « le site sera parfaitement intégré au paysage local » ? Le rideau d’arbres ne cachera pas les toitures des 9 bâtiments, des silos, les cheminées (12,6 et 9 m de hauteur), la torchère, qui rappelleront plutôt des lieux de sinistre mémoire. Dans ce panorama, à vocation rurale et touristique (proximité de la Baie de Somme), les monocultures, destinées à l’alimentation des bêtes enfermées, seront d’une décourageante monotonie. Et compte tenu de l’évolution probable vers une activité industrielle, la proximité des habitations, y compris la zone urbaine d’Abbeville, rendent le site impropre à l’activité chimique d’une très grosse déchetterie.

 

-         nombre d’emplois créés totalement dérisoire (18) face au chômage actuel. Les faillites inévitables des petits producteurs existants qui ne pourront pas résister à cette concurrence, vont dépasser largement en nombre les emplois créés. Le résultat final  négatif est une absurdité sur le plan social. Les motivations annoncées en tête du projet prétendent sauver la filière laitière par le regroupement de plusieurs exploitants. Mais c’est un leurre ! Ce regroupement ne règle en rien le problème des marges imposées par les intermédiaires. Et les exploitants entrés dans ce regroupement ne pourront plus en sortir. Ils subiront la loi dictée par le promoteur principal, et finalement, la possible faillite commune. C’est la ruine générale de la ruralité sous prétexte de la sauver. Lutter contre les intermédiaires, et se convertir au « bio », valeur montante, sont des attitudes bien plus dynamiques !

 

      -    baisse de valeur des patrimoines immobiliers que vont subir  injustement les riverains du fait des nuisances. Il n’est pas inscrit dans le projet que la « SCEA côte de la justice » soit prête à

            prendre à sa charge les frais d’évaluation de l’immobilier existant par un professionnel choisi par un collectif de propriétaires, et à s’engager à payer au cas par cas le différentiel au moment des ventes et des

            successions. C’est un engagement minime pourtant, vu qu’un des représentants du projet a prétendu que les propriétaires ne sont pas lésés, et que l’immobilier ne subit pas de décote quand s’installe une entreprise

            polluante !

 

-         partialité inadmissible de l’avis émis par Monsieur Eric Mouton, Maire, lorsqu’il s’enrichit personnellement (en tant qu’architecte du projet) au détriment du bien-être de ses administrés.  

 

-         partialité des personnes invitées à une visite guidée dans un élevage-témoin allemand (opération publicitaire en vue d’acheter leur soutien), dont le témoignage est d’une superficialité navrante : par exemple, tout est au mieux puisqu’aucun meuglement n’a été entendu ! La vache qui a des tumeurs dans son pis hyperdilaté est-elle en bonne santé  parce qu’elle ne meugle pas?  

 

-         impossibilité pour le public de prendre correctement connaissance du projet. La Société exploitante a habilement joué sur deux tableaux : d’une part, une information minimale en direction du grand public (peu de personnes dans les 24 communes concernées sont au courant du projet) ; d’autre part, une hyper-information en direction du petit public prévenu (qui peut tout au plus feuilleter les épais classeurs encombrés de redites). Ainsi, la Société d’exploitation peut agir à sa guise plus facilement.

 

-         absence d’étude menée par un organisme réellement indépendant et réellement compétent en matière d’environnement, de santé humaine et animale. Ces études, payées par l’exploitant, sont irrecevables. Les conclusions contenues dans ce projet sont visiblement faites en vue de son intérêt. Les affirmations ne l’engagent en rien. Les prétendues démonstrations sont très loin de prendre en compte tous les paramètres qui entrent dans le coût réel du lait produit dans ces conditions…Une étude sérieuse et complète, chiffrée et comparative, sera, de toute évidence, en faveur de nos pâtures d’herbe naturelle.

Pour ces motifs,

Nous soussignés exprimons notre opposition au projet d’installation d’un élevage de 1.000 vaches laitières (1.750 bêtes au total)

avec mise en place d’une unité de méthanisation

sur les communes de Drucat-Le Plessiel et Buigny-St-Maclou.

 

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Habitants des communes concernées par les épandages !

 

(Les 24 communes concernées : Abbeville, Airaines, Béhen, Bettencourt-Rivière, Buigny-Saint-Maclou, Canchy, Cerisy-Buleux, Drucat, Epagne-Epagnette, Ercourt, Fresnes-Tilloloy, Fresnoy-Andainville, Frettecuisse, Grand-Laviers, Grébault-Mesnil, Hautvillers-Ouville, Huppy, Lamotte-Buleux, Neuilly-L'Hôpital, Port-le-Grand, Quesnoy-sur-Airaines, Saigneville, Saint-Maxent, Tours-en-Vimeu).

 (voir le plan plus loin)

 

Un élevage industriel de 1000 vaches laitières et leur suite (1750 bêtes au total), associé à un méthaniseur, est en projet sur les communes de Drucat-Le Plessiel et Buigny-St-Maclou.

Le méthaniseur est prévu pour traiter non seulement les lisiers des vaches, mais aussi les fermentescibles et les boues des stations d’épuration, récoltés dans un rayon de 110 km (de Rouen à Calais, et jusqu’à Compiègne).

De ce méthaniseur sortiront des « digestats », ces boues résiduelles dont on ne sait que faire, mais qui baptisées « engrais », seront épandues dans les champs.

VOUS êtes concernés ! 

 

1)      Où donc se feront ces épandages ? Il faut trouver au total 2700 hectares. Pour le moment, le promoteur dit avoir réuni 1200 hectares, répartis sur 24 communes, dont la vôtre. En fait, il n’a pas 1200 hectares disponibles : certaines surfaces retenues, en zone protégée, sont impropres aux épandages. Où donc iront ces déchets résiduels dont il faudra bien se débarrasser ? Davantage encore sur vos terres ? Mais qui donc a décidé que ces épandages se feraient sur votre commune ? Avez-vous été consultés à ce sujet ? 

 

2)      Dans l’état actuel des connaissances, il est impossible de dire la composition exacte de ces digestats. En effet, ce projet, à la fois agricole et industriel, n’a pas d’équivalent. Pour nous rassurer, on nous dit que des analyses régulières seront faites. Quelle absurdité ! Ces analyses informatives ne sont accompagnées d’aucune interdiction concernant les épandages ! En d’autres termes, on épand les déchets, puis on constate les conséquences. 

 

3)      Les dangers sanitaires concernant ces digestats sont graves. Il y a des risques que les métaux lourds des boues de station d’épuration se retrouvent dans la terre, et la rendent impropre aux cultures. Les agriculteurs ne sont pas dupes face à ces merveilleux engrais gratuits, qui risquent de les ruiner en souillant leur terre, et en rendant les récoltes invendables. Par ailleurs, vous vous souvenez de l’épidémie mortelle d’Escherichia Coli et des concombres désignés coupables ? Si les digestats ne sont pas correctement stérilisés, il s’y multiplie des agents pathogènes virulents, capables de mutation, pour lesquels nous n’avons pas de médicaments. Mais les stériliser demande de l’énergie, donc de l’argent. Entre votre santé et l’argent à gagner, quel choix, selon vous, sera fait ? 

 

4)      Les risques concernant les nappes phréatiques sont tout aussi alarmants. Les digestats seront épandus à l’automne, après les récoltes, période où la terre est nue et où la pluie lessive les sols. Où ces déchets vont-ils être entraînés ? Vers les cours d’eau, bien sûr, puis la baie de Somme. Pour éviter ce lessivage, il est prévu de les enterrer. Une couche argileuse est  même censée protéger la nappe souterraine. Nous prend-on pour des imbéciles, pour tenter de nous faire croire qu’il n’y aura pas d’infiltrations ? Quelle eau  sera la vôtre dans quelque temps ? 

 

5)      On nous affirme que ces digestats ne répandront pas d’odeurs. Admettons. L’absence d’odeurs, cependant, ne garantit en rien un air sain. Mais peut-on nier d’autres nuisances fort graves ? Les digestats seront acheminés par la route, avec tracteurs lents aux roues boueuses, et gros camions-citernes passant en continu. La pollution par la circulation que vous devrez subir, les routes abîmées à réparer à vos frais, et les risques d’accidents au coût humain non chiffrable, vont se multiplier. Est-ce acceptable que votre qualité de vie soit atteinte pour que le promoteur du projet puisse s’enrichir encore davantage ? 

 

Alors, que faire ?  L’association NOVISSEN se bat pour que ce projet ne voie pas le jour. Elle est née le 17 novembre 2011. Au 27 mai 2013, elle comptait 1961 adhérents. Rejoignez-la ! Si ensemble, nous sommes déterminés, nous pouvons gagner le combat. Pour adhérer, il suffit d’envoyer 5 euros (davantage si vous voulez) à Novissen -385 rue du Levant-80132 Drucat. Indiquez vos coordonnées et votre adresse-mail pour être tenus au courant. (site Internet de l’association :www.novissen.com ).

 

                                                                            D’autres ont réussi ailleurs à empêcher ces élevages démentiels. Pourquoi pas nous ?

 

       

                   

 

 

 

Ci-joint, circuit probable des tracteurs

transportant les digestats destinés aux épandages

dans les 24 communes actuellement concernées.

Tous les tracteurs partiront du site et y reviendront

par la D928, entre Abbeville et Le Plessiel.

 

(Pour les 2700 ha nécessaires au projet,

il faudra trouver d'autres communes

et le trafic routier n'en deviendra que plus dense....! )

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Voici le texte d'un dépliant
(pliage en trois)
intitulé "Les 10 questions qui fâchent" (diffusé en septembre 2013).